La Bretagne et la Pac. Les gagnants et les perdants

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C’est une révolution qui se prépare pour les agriculteurs européens et notamment bretons qui touchent actuellement des aides très variables d’une filière, voire d’une exploitation à l’autre.

La convergence des aides sur la base de la surface exploitée est un «changement de paradigme», a assuré hier le commissaire à l’agriculture Dacian Ciolos. «Dans les grandes lignes, cette réforme va dans le bon sens», explique l’eurodéputé socialiste Stéphane Le Foll.
Même impression générale positive chez l’UMP Alain Cadec qui note toutefois que, très concrètement, pour les agriculteurs bretons, cette réforme va se traduire par une diminution forte des aides à l’hectare qui sont aujourd’hui de 350euros, vers une moyenne de 220 € à 250 € selon la qualité environnementale des exploitations. «Cela pose un problème pour la Bretagne», note le député Alain Cadec. Et le conseiller général de Saint-Brieuc de recommander «une aide spécifique à l’élevage» de 100 € à 150 € qui pourrait, selon lui, recevoir l’assentiment des autres pays européen. «Les céréaliers pourraient faire un effort supplémentaire», dit-il.

Plus de bénéficiaires
Si l’aide à l’hectare diminue, en revanche le nombre de bénéficiaires va, lui, augmenter. C’est particulièrement une «bonne nouvelle», note Alain Cadec, pour les producteurs de fruits et légumes, tenus jusqu’à présent à l’écart de ce système. Tout le monde n’y perd donc pas. Les élus sont plus partagés sur le «verdissement» de la production agricole, également une priorité pour la Pac de l’après 2013. Les paiements directs seraient en effet conditionnés jusqu’à 30 % de leur montant à des critères de respect de l’environnement.

«Trop de textes»
«On ne peut pas être contre. C’est cohérent avec ce que nous faisons déjà dans le cadre du comité algue verte», note Alain Cadec. Actuellement, pas moins de 15 textes fixent cette conditionnalité environnementale. Il devrait en rester la moitié, ce qui est encore beaucoup. «Mais il ne faut pas que cela soit trop compliqué pour les agriculteurs», insiste le Briochin. Stéphane Le Foll, lui, aurait voulu que la Commission aille plus loin. «Différentes mesures s’ajoutent, sans cohérence. On n’a pas fait l’effort de repenser les modes de production», dit-il.

Des regrets
Autre regret pour l’élu socialiste: la Commission est assez prudente sur le pouvoir des organisations de marché. Or, le rôle de celles-ci sera absolument crucial pour amortir les variations d’aides à la hausse comme à la baisse. Si les producteurs n’ont pas de pouvoir de négociation, ils ne pourront répercuter les pertes de subventions sur les prix. À l’inverse, ils risquent de voir la hausse des aides s’évaporer en baisses de prix.

La France annonce des contre-propositions

La France a vivement critiqué hier les propositions de Bruxelles et a annoncé qu’elle présenterait ses contre-propositions lors du conseil des ministres de l’Agriculture du 20octobre. «En l’état, les propositions de Bruxelles ne correspondent pas à la réalité économique des exploitations», indique le ministère de l’Agriculture. (Sources: Le Télégramme)

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