Le business du légume prospère à Paimpol (Bretagne)

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Une organisation régionale

Si les légumes poussent si bien dans le Trégor-Goëlo (Côtes d’Armor), c’est grâce au climat et à la terre. Les légumiers sont regroupés au sein de l’UCPT (Union des coopératives Paimpol-Tréguier). Ils sont organisés avec les producteurs du Léon (Finistère nord) et du pays de Saint-Malo qui bénéficient de conditions climatiques similaires. Leur marché au cadran réalise près de 400 millions de chiffre d’affaires par an (110 millions provenant de 700 adhérents de l’UCPT).

Cette réussite économique repose sur plusieurs piliers : les producteurs sont unis ; la règle de l’apport total ; le marché au cadran ; une maîtrise de la recherche et des essais sur les variétés.

Des producteurs unis

Les organisations de producteurs sont réunies au sein du Cérafel qui commercialise leurs légumes. « Si on se concurrençait avec les Finistériens, les prix baisseraient, mais avec un seul vendeur (Arcal), on est beaucoup plus fort », explique Maurice Guéguen, chargé de communication de l’UCPT. Des cahiers des charges et des contrôles définissent la qualité des produits. Le Cérafel négocie une partie de la production à des usines (Ardo, à Gourin (56) ; Gélagri, à Saint-Caradec ; et la Cécab, dans le Morbihan).

La règle de l’apport total

Les agriculteurs apportent tous leurs légumes à une station de conditionnement. Cette règle de l’apport total empêche toute concurrence locale et chute de cours. À noter qu’un agriculteur ne peut pas vendre à une cantine, mais l’UCPT le peut. « Malheureusement, des maires refusent nos propositions. Pour eux, des légumes livrés par une coopérative, ce n’est pas de l’agriculture de proximité », note Maurice Guéguen.

Le marché au cadran

Le marché au cadran est en concurrence avec d’autres marchés étrangers. « Quelqu’un qui veut du chou-fleur en Europe est obligé de venir faire son marché en Bretagne. Donc, il viendra », explique Maurice Guéguen. Cela empêche aussi toute entente organisée d’acheteurs.

Une maîtrise de la recherche et des essais

Les légumiers ne sont pas dépendants des semenciers. Le Vegenov emploie des chercheurs dédiés à la production de légumes, l’OBS (Observatoire breton de sélection) sélectionne des variétés et produit des semences.

À Pleumeur-Gautier, la station d’essais fait réaliser des essais de variétés chez des producteurs ou dans ses serres. Une autre station existe à Saint-Pol-de-Léon. « Nous ne cherchons pas à soigner les plants malades, nous cherchons des variétés qui ne tombent pas malades », explique Jean-Jo Habasque, technicien. Cette recherche permet de lancer des produits nouveaux sur des marchés de niche ou d’assurer une production tout au long d’une saison.

Un marché, trois salles de vente, 54 acheteurs

Il existe un seul marché au cadran pour les légumes frais en Bretagne, mais trois salles de vente, à Paimpol, Saint-Pol-de-Léon et près de Saint-Malo. Les acheteurs arrêtent les enchères descendantes indifféremment qu’il s’agisse de légumes produits dans le Léon ou le Trégor.

Deuxième pôle en importance après Saint-Pol-de-Léon, Paimpol compte 12 des 54 expéditeurs autorisées à l’achat. Leurs bureaux sont installés dans les alentours du siège de l’UCPT. Pendant la vente, l’acheteur présent en salle de ventes reçoit des consignes de ses collègues commerciaux au téléphone. En fonction des cours, des commandes déjà contractées, de celles reçues au téléphone dans l’instant, ces derniers adaptent leurs consignes.

Éviter la spéculation

Parfois, des informateurs leur donnent les cours sur les autres marchés, en Espagne, en Belgique, en Italie. « Pour le chou-fleur, on vend à la même heure que les Belges, car si les uns sont une heure avant, il y a immédiatement une spéculation », explique Maurice Guéguen, de l’UCPT.

Les acheteurs ne voient souvent leurs légumes que lorsqu’ils les chargent dans les camions, dans les stations de conditionnement. Cela implique que les légumiers respectent leur cahier des charges. Ils sont d’ailleurs contrôlés dès leur arrivée à la station par le personnel et ensuite par les agents des maisons de négoce. Les refus ne sont pas rares. Les acheteurs acheminent ensuite les légumes à des grossistes ou à la grande distribution, en France et à l’étranger. Une fois arrivé en Italie, ou en Allemagne, le grossiste les revend.

En bout de chaîne dans le rayon, il est encore possible de suivre le chemin du légume par les numéros des lots. Et une centrale d’achat peut demander à visiter l’exploitation où ont été ramassés tels légumes le lendemain de sa réception.(Sources OF Entreprises) www.plastic-jig.com

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