Galapagos règne sur les biscuits bretons

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C’est un joueur d’échecs patient. Qui applique aux affaires la stratégie de l’échiquier : « Toujours cinq ou six coups d’avance… » Formé au départ par la grande distribution, Christian Tacquard préfère le risque. « Plutôt que vendre, je voulais produire, créer, bâtir. » Avec son épouse Marie, il se lance dans une improbable exportation de sangria, « qu’on capsulait à la main et au sèche-cheveux ! »

L’usine Buhler, à Besançon, le séduit. Mais, « trois mois plus tard, je découvre la catastrophe… » Pas découragé, Christian analyse ce marché du biscuit en pleine déconfiture : « Une quarantaine de biscuitiers avaient disparu en cinq ans, seuls les plus gros pouvaient survivre. » Il fallait se dépêcher de faire grandir Buhler.

Archipel d’entreprises

Christian lorgne alors sur Gavottes et ses crêpes dentelles Loc Maria, à Dinan. Tout au culot, après six mois d’âpres négociations, il parvient à convaincre le groupe anglais de lui céder ces Gavottes, « créées à Quimper, en 1920, avec notamment Ouest-Éclair pour actionnaire ! » Ce sera le début de son groupe. « J’ai regardé ma mappemonde. Avec mon épouse, on s’était promis d’aller aux Galapagos… » Va pour ce beau nom d’archipel.

Sa stratégie de la constellation tient la route. Il y ajoute bientôt Alizé, les Galettes de Pleyben, Jos Péron, etc. Tout ce que la Bretagne produit de meilleur et de plus typé, un maillage très cohérent. Mais, en 1999, entorse à son régime : il met la main sur la grosse pâtisserie industrielle Gaillard, à Locminé. L’entreprise plongeait, un an plus tard, elle revient au positif ; sept ans après, elle a doublé sa production.

L’archipel de petites îles est devenu un empire, « mais on reste très modestes », assure le rusé Christian, toujours profil bas vis-à-vis de ses concurrents. Dont la belle Traou Mad, de Pont-Aven, rachetée en 2006 par la banque Lazard. « On me proposait un 50-50. M’associer à un banquier ! » Pas question… Alors, Christian attend, murmurant : « Qui d’autre que moi pourrait acheter ? » La patience paye, Traou Mad vient de rejoindre les Galapagos… Un très beau coup qui fait passer le groupe à 650 salariés, pour un chiffre d’affaires consolidé de 160 millions d’euros. Dont 35 % à l’exportation, « un chiffre qui va doubler, vers l’Amérique du nord, le Moyen-Orient, l’Asie », promet-il.

Pâtes savoyardes

Devenu Breton convaincu, l’Alsacien Christian fait un détour par la Savoie. « Depuis trente ans, avec Marie, on va y faire du ski. » À Chambéry, un beau moulin patrimonial prend l’eau : Alpina, 150 salariés, un chiffre d’affaires de 45 millions d’euros. « Malgré son lourd passif, 16 millions, je me suis laissé convaincre. »

Christian y remet de l’ordre, sans plan social. Alpina et ses crozets, pâtes traditionnelles au sarrasin particulièrement roboratives, « pour caler les montagnards ! », sont sauvés.

Mais, à tout juste 60 ans, il commence à passer la main à son fils Jérôme : depuis le début de l’année, celui-ci, 33 ans, dirige Loc Maria. « Difficile de me détacher », admet-il. Mais j’ai bien assez de travail avec mon archipel ! »
Militant de Produit en Bretagne, qui fédère quelque trois cents entreprises bretonnes, il veut maintenant protéger le palet breton, avec un label IGP (Indication géographique protégée) : « J’ai en projet la création d’une association qui réunirait tous les biscuitiers bretons. En se fédérant, on est plus forts. » Cela lui a très bien réussi.

• Basé à Saint-Grégoire près de Rennes, le groupe Galapagos compte 650 salariés, pour un chiffre d’affaires de 160 millions d’euros.(Souces : OE entreprises)

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