Pêche en eau profonde : la Commission européenne pour l’arrêt du chalut

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« Cette décision est infondée sur le plan technique et scientifique. Elle est économiquement et socialement scandaleuse et politiquement perverse. » Patron de l’armement Scapêche, Tristan Douard n’a pas de mots assez durs pour commenter la décision. Malgré un avis plutôt favorable des derniers rapports scientifiques, des efforts de gestion des zones de pêches et l’amélioration de la sélectivité des engins, Maria Damanaki, commissaire européenne à la pêche, est restée ferme sur sa position.

Seules les pêcheries concernées

« Le nouveau règlement vise à garantir une exploitation durable des espèces deau profonde, une diminution des prises accessoires, une baisse des répercussions sur les habitats vulnérables et une augmentation des données disponibles sur la biologie de ces espèces. » Sur le plan pratique, elle prône de « durcir le système des autorisations et de supprimer progressivement (sous deux ans) les chaluts de fond et les filets maillants de fond ». Des mesures destinées aux seules pêcheries, comme la Scapêche, qui ciblent les poissons d’eau profonde.

De nombreuses réactions

Cette décision fait réagir de nombreux élus bretons. Dont la députée européenne Isabelle Thomas, sensible aux conséquences économiques, notamment sur Lorient où six cents emplois sont liés à cette activité. « Alors que lUnion européenne peine à sortir de la crise et à lutter contre le chômage et la désindustrialisation, la destruction programmée de ces emplois, non délocalisables, relève purement de lirrationnel. »

Côté écologistes en revanche, on se réjouit. « L’adoption de ce texte marque une avancée décisive dans la protection des océans profonds. La Commission européenne a fait preuve de vision et de courage en décidant de mettre fin à une aberration écologique et économique » réagit Claire Nouvian, présidente de l’association Bloom.

Prochaine étape : le Parlement européen

Victoire écolo ou défaite des pêcheurs ? Ni l’une ni l’autre. La Commission européenne n’est pas seule à décider. Elle partage désormais ce pouvoir avec le Parlement. Les députés PS et l’UMP Alain Cadec, vice-président de la commission pêche, espèrent encore convaincre leurs collègues ne pas suivre cet avis. Au final, en cas de désaccord entre le Parlement et la Commission, le dernier mot reviendra au Conseil des ministres des Pêches. Frédéric Cuvillier, ministre délégué aux Transport, à la Mer et à la Pêche, est vent debout contre ce projet et tente d’obtenir une décision moins radicale.

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